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Auteur indépendant : pourquoi ?


Écrire, relire, passer aux corrections, gérer la mise en page, travailler sur la maquette, faire des séances de dédicaces... Certains imaginent que c'est réalisable en un claquement de doigts. Pour d'autres, c'est un choix par dépit après avoir essuyé des refus de la part des éditeurs.


Dans mon cas, il était hors de question d'être en autoédition. J'avais en tête un objectif précis et clair : être publié chez un éditeur parisien, point. Je ciblais certaines maisons, petites ou grandes, populaires ou prestigieuses, pour les auteurs que je lisais, leur vision du monde, leurs valeurs, leurs idées, leur fidélité.


Je voulais me challenger. Me prouver à moi-même que l'écriture est plus que l'écriture. Je la vois comme un terrain de jeu illimité aux règles strictes. Écrire, c'est sérieux, difficile, exigeant. Considérer cela comme un loisir qui fait du bien n'est pas dans mes cordes. Je ressens le désir de voir plus loin que ça.


Quand est-ce que le moment est venu de me lancer ? Entre une dépression et une thérapie. C'est souvent dans l'envie de sortir de la détresse que les souhaits s'inscrivent dans la matière. Quand je parle d'écriture, ça se lit sur ma gueule en deux minutes. Je regarde la personne dans les yeux, mes épaules se redressent, mon dos est droit et mes pieds sont ancrés dans le sol. Ma thérapeute ne cessait de me répéter : Enfin, Cédrik, vous écrivez depuis des années, vous êtes auteur !


La réaction ne se fait pas attendre : Oui, oui, mais... Toujours ce mais, cet empêchement, cette excuse. Mes mains se tordent, mon regard est fuyant, je bredouille d'une voix éteinte. Le chemin est long, pour assumer que l'on écrit, sans rougir ou détourner la conversation. De retour à la maison, mon compagnon enfonce le clou : il serait temps de vivre de ton métier, non ? Sinon tu vas continuer à jouer les timides jusqu'à quel âge ? Un jour ou l'autre, ce sera trop tard. Pourquoi tu ne tentes pas l'autoédition ?


Et une nuit, je me surprends à prendre des notes, m'informer sur l'autoédition, penser à la cohérence, la direction artistique, jusqu'à créer mes premières maquettes sur Canva. Non seulement ma vision prend forme et est plus réussie que dans mon imagination, mais j'y prends plaisir. Il est trois heures du matin, je pèse le pour et le contre. À l'aube, je suis convaincu. Je me lance dans l'autoédition.


En mai 2024, mon premier roman Les épines est en ligne. Deux jours plus tard, je reçois un message : ça vous dirait de faire le salon du livre de Montgeoffroy ?


J'ai dit oui.

Je n'ai rien regretté.

La machine est lancée.


Cédrik Armen,

Nantes, le 28/04/2026

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